WHO'S WHO

Bertin Nahum vient d'être sacré «4ème entrepreneur high-tech le plus révolutionnaire au monde» par une revue canadienne destinée aux écoliers. Derrière Steve Jobs, Mark Zuckerberg et James Cameron.
Qui ? Un Français de 42 ans, dirigeant une petite société de vingt personnes près de Montpellier. Il a inventé un robot chirurgical capable d’opérer une tumeur au cerveau. Pourtant, son nom n'a pas retenu l'attention. Sauf des professionnels, y compris à l'étranger.

Rien d'étonnant. C'est le sort ingrat, voire injuste, réservé en général aux chercheurs, aux découvreurs auxquels on doit tant : l’indifférence publique.
Prenez Tim Berners-Lee dont on a appris, dans un livre paru l'an dernier, qu'il est le créateur du Web (sans quoi Internet ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui). Qui le sait ? Ce Britannique né en 1955 a mis en ligne le premier site le 6 août 1991. «World Wide Web» (www) est une appellation qui lui revient. A l'époque, ce site ne s’enregistrait pas sous .com mais sous .ch !
Idem pour Steve Sasson, père de la première photo numérique. Inconnu au bataillon.
C'est ce qu’on peut appeler aussi  le syndrome des prix Nobel d'économie ou de physique-chimie : méconnus enfin reconnus, ils sont aussitôt oubliés. 
Steve Jobs, Marc Zuckerberg et James Cameron, génies devenus stars, constituent l'exception qui confirme la règle. 

Tim Berners-Lee, lui, bien qu’élu en 2004 «plus  grand Britannique contemporain» et félicité par Obama, peut toujours attendre avant qu'on le prenne pour le nouveau Gutenberg.
Gutenberg ?  Illustre à jamais, il s'était drôlement bien débrouillé, pour sa «com»…

Maurice Achard