PÉTARD DE PAPILLOTES!

Jolie tradition de Noël, un peu comme le sapin, les guirlandes, la dinde, la bûche, et même les mandarines. Les papillotes. Une tradition lyonnaise toujours bien suivie dans la région Rhône-Alpes qui consomme, en fin d’année, les deux tiers de la production de ces friandises en habit de fête. Les anciens se souviennent de l’importance des papillotes qui brillaient non seulement dans leurs souliers, mais un peu partout dans la maison pour indiquer le chemin suivi par le Père Noël…

La légende raconte que, vers 1790, à Lyon, le pâtissier Papillot, qui avait sa boutique place des Terreaux, s’étonnait de voir disparaître des bonbons au chocolat qu’il fabriquait. Un jour, il surprit le manège de son apprenti les glissant dans des billets d’amour qu’il passait à sa dulcinée par le soupirail. Loin de se fâcher, il trouva l’idée charmante et s’en inspira pour inventer «les papillotes» : des chocolats enroulés dans des papiers à messages. Mais il remplaça les mots doux par des histoires drôles ou des proverbes et des rébus.

La suite est une histoire vraie. En 1898, les familles lyonnaises Thomas et Pelen ont fondé la chocolaterie Révillon, du nom de l’un des employés, emprunté parce qu’il ressemblait au mot «réveillon». Car la fin de l’année est une période faste pour la vente des papillotes. Cela nécessite de doubler les effectifs de production à l’automne pour cette marque toujours leader, bien qu’elle exporte peu.

Aujourd’hui encore, on s’amuse de ces bonnes blagues plus ou moins fines cachées dans les papiers frangés qui ondulent au moindre souffle. Autre surprise qui ravit les garnements : les pétards dissimulés que l’on fait éclater en tirant un coup sec sur les extrémités – façon astucieuse de laisser exploser la joie ! Mais si ces papillotes sulfureuses existent toujours, elles sont en production désormais très limitée. Sécurité oblige ? Pas très grave, on peut aussi tomber sur un proverbe d’audace signé Oscar Wilde : «La sagesse, c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit.»

Elido