FAITES VOS VŒUX !

«Bonne année ! Tous mes vœux !». Si cette phrase sent l’automatisme, elle n’est pas pour autant désagréable à entendre. Les choses se compliquent quand elle est suivie par cette question plus introspective : «Qu’est-ce qu’il faut qu’on te souhaite ?» Étrangement, c’est la seule fois où les vœux peuvent se dire à haute voix sans craindre qu’ils ne se réalisent pas. Étrangement encore, ces vœux-là n’ont rien d’une chimère. On ne fait pas de rêves impossibles comme lorsque l’on voit une étoile filante. Il s’agit ici de se souhaiter des choses sérieuses pour avancer dans sa vie. 

Mais la réalisation de ces vœux passe par des résolutions. On a rien sans rien. On ne peut vouloir atteindre un objectif sans s’en donner les moyens, vouloir gagner le marathon sans courir un peu toutes les semaines.  Ces résolutions sont la partie viable. Et souvent, elles nous engagent à des choix contraignants, des face-à-face compliqués. Du coup, avant même de les entreprendre, on bat en retraite. «Moi, j’ai pris la résolution de ne pas prendre de résolutions !» devient la phrase que l’on entend de plus en plus souvent lors des conversations. Pour sûr, pas de déception possible. 

Et c’est tout ? On s’arrête là ? On cesse d’y croire ? On met tout ça dans une petite boîte qu’on ferme à clé et jette à l’eau? On se laisse dériver sans plus aucun pari sur notre existence? Pas moyen. Il est temps de revoir sa feuille de route. De considérer que les résolutions ne sont pas des fardeaux mais nos plus belles chances d’espoir et d’action. À condition, bien sûr, de ne pas se donner des challenges impossibles à tenir. Car souvent «résolution» rime avec «exagération». Pour marquer le changement, on ne peut s’empêcher de partir dans l’extrême. Comme si le 180° était un symbole de renouveau. Et c’est là que rien ne va plus.

Alors si, pour arrêter d’aller vers des décisions perdues d’avance, on les prenait telles qu'elles devraient se prendre : avec réalisme et bons sens. Une résolution deviendrait ainsi notre plus belle carte à jouer, notre atout vœu. Vous misez ?

Marie Veyrier