LETTRE DU PÈRE NOËL

 Ce 26/12/12

Bonjour les grands !
Voilà, c'est fait. Mais je dois vous avouer que ce fut, cette année, une drôle de tournée.

D'abord, j'ai appris que l'entrée d'une école à Montargis me serait refusée par la directrice «afin de respecter les croyances ainsi que les valeurs de l'école laïque». Heureusement, le maire a rappelé qu'il n’y a aucun caractère religieux dans ce que je représente. Mais je n'avais jamais vu ça… Ma barbe blanche en a blêmi …
Et puis, il y a eu cette histoire des 8500 mousses au chocolat des cantines scolaires du Havre jetées à la poubelle. Sous prétexte que, contenant de la gélatine de porc, elles ne pouvaient convenir à toutes les religions. Soit. Mais autre chose eût été de me les garder au froid afin que je les redistribue à d'autres enfants qui se seraient jetés dessus. Du chocolat balancé aux ordures au mois de décembre ! On ne va tout de même pas finir par me faire vider ma hotte entre ciel et terre pour contrôler mes papillotes !

J'ai continué de faire ce que j'avais à faire, évidemment. Même quand j'ai appris que de plus en plus de Français revendaient leurs cadeaux dans le but de financer leurs propres achats pour les fêtes. Va-t-il falloir que je devienne le Père Noël des grands aussi ? M’occuper de leurs souliers quand ils ont le moral dans les chaussettes…
D'autant plus que, dans un collège de Charente, des élèves de troisième ont dû plancher, en guise de rédaction, sur le thème : «Mettez-vous dans la peau d'un jeune homme de 18 ans, qui décide de se suicider». Conte de Noël version trash ? Moi, je l'aurais imaginé essayant de se pendre à un sapin…

Franchement, je n'avais jamais eu autant affaire à un 24 décembre aussi plombant. J'ai néanmoins tenu le coup, tenu bon, histoire de faire croire que j'existe encore un peu. 

Bonne année !

Le Père Noël (pcc. Maurice Achard)