JOURNÉE LUNAIRE

Voilà. Après avoir sué pour trouver les cadeaux, il a fallu s’atteler, le lendemain du réveillon, à l’autre étape : celle du déballage. Moment fatidique. Sortir les jouets, les robots, les jeux de société des boîtes et des cartons et mettre tout ça sur pied, quand bien même le dîner de la veille vous avait laissé sur les genoux ou sur l’estomac. 

Les plus courageux ont commencé par monter les bateaux de pirates ou châteaux de princesses. Deux heures, au bas mot, à vérifier que toutes les vis livrées en quinze exemplaires et trois tailles étaient bien là, à trouver le mode d’emploi du mode d’emploi, à essayer de clipper des pièces qui ne voulaient rien savoir… transformant le salon en vrai champ de bataille miné, pour les aventureux marchant en chaussettes. 
Les plus malins auront fait le choix de jeux à piles, s’apercevant qu’il en manque toujours une. Heureux d’éviter les bruits stridents des sirènes de voiture, piano électronique ou autre épée lumineuse, ils seront vite partis à la recherche du modèle AAAA, R06 ou RC14S, selon la nomenclature choisie par le fabricant, pour finalement éviter les pleurs et ronchonnements incessants. Télécommandes, appareil photo, poste radio : tout aura été dépouillé pour quelques minutes de tranquillité… 
Les plus traditionnels auront donné de leur personne pour arriver à réunir suffisamment de participants autour de la table et les tenir concentrer, le temps d’expliquer les règles toujours fastidieuses du nouveau jeu à pions, cartes, dés, sablier, quand, en fait, ils ne rêvaient que d’une seule chose : une bonne sieste.

Mais au final, Noël n’était-il pas là justement ? On ne souhaite plus quitter le bateau ou château, voulant jusqu’à poser soi-même les autocollants. On ne finit plus de jouer au «Jedi» et «Dark Vador». On ne voit pas le temps passer à force de «refaire une partie»… Les enfants dans tout ça ? Ils auront compris qu’il valait mieux se montrer prêteurs. Mais en attendant que nous retrouvions une âme d’adulte, ils se seront installés avec la tablette que nous avons reçue mais à laquelle nous ne comprenons encore rien. Que d’aventures ! 

M.V.