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«Le journalisme mène à tout à condition d'en sortir» entend-on depuis toujours.

Claude Sérillon, célébrité télévisuelle, vient d'être nommé conseiller du Président de la République et Sylvie Pierre-Brossolette, rédactrice en chef au «Point», vient d'intégrer le CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel). Certes, Sérillon n'a jamais caché ses engagements à gauche mais, à travers lui et pour la première fois, un ex-présentateur du 20 heures entre à l'Élysée. Tout un symbole. Quant à Sylvie Pierre-Brossolette, plutôt de droite, elle a toujours brillé par l'élégance de ses discernements. Remarquable débatteuse, elle va manquer à la profession.

Ces deux transferts entretiennent la confusion des rôles, le mélange des genres. La proximité du journalisme avec le pouvoir politique, et réciproquement, a toujours existé. Sauf que, dans le contexte de ce qu'on appelle la «communication», terme derrière lequel s’abritent des activités d’espèces très différentes, les pistes n’en sont que plus brouillées. Ces allées et venues entre médias et institutions officielles favorisent les ambiguïtés.

Allées et venues ? «Le journalisme mène à tout…» Et voilà que, désormais aussi, il récupère tout à condition d’y entrer… Roselyne Bachelot, ex-ministre, vient de se reconvertir dans l'animation télévisuelle, sur D8, au côté de Laurence Ferrari et Audrey Pulvar. Démarche inverse qui laisse à penser, à son tour, qu’un seul pas suffit pour glisser d'un job vers l'autre, alors que tout oppose leurs états d’esprit. Être journaliste, c'est être une sorte de sceptique professionnel. Être un homme politique, c'est être une sorte de militant professionnel.

Soit dit en passant, le couple François Hollande-Valérie Trierweiler incarne d’une façon assez troublante cette cohabitation. 

Maurice Achard