AFTER HOPPER

Edward Hopper fascine encore, on l'a bien vu au Grand Palais, et pour faire durer le décor, il n'y a qu'un DVD : «Paris, Texas» de Wim Wenders, ainsi que le suggérait l’exposition elle-même. Le film dont chaque plan semble prendre la relève hyperréaliste du peintre, être inspiré par le même univers : le milieu de nulle part en Amérique.

Et ce sont autant de scènes inoubliables, coulées dans ces lumières vives et sombres, que l’on retrouve sur l’écran. Avec une émotion renouvelée, réactivée par la «bottle guitar» de Ry Cooder aux glissades lancinantes.

Ainsi, dès la première image, cet homme qui surgit du désert, dont on ne sait rien. On saura deux ou trois choses plus tard. Qui marche sous le regard d'un aigle posé sur un rocher… 
L’errance, la quête, tout de suite. De la frontière mexicaine à Houston en passant par Los Angeles. La route, les motels, les enseignes immenses, de jour comme de nuit. Peu importe l'histoire, en fait, ce sont les personnages qui comptent, qui portent en eux-mêmes une intrigue. Comme chez Hopper.
Plus loin, le même homme, qui s'appelle Travis (Harry Dean Stanton) se tient debout à la fenêtre d'une chambre et écarte le rideau…
Plus loin encore, ce night-club qui baigne dans une lueur rouge et la scène bouleversante du peep-show où Travis retrouve Jane (Nastassja Kinski), la mère de son fils. 

Nous sommes alors dans la banlieue de Houston, pas loin de son embrasement de néons, de son enchevêtrement d’autoroutes. Dans ce Texas, où une petite ville du sud s’appelle Paris et où Travis possède un bout de terrain.

«Paris, Texas», palme d'Or à Cannes en 1984, film culte, film mythique. Road movie des road movies dans lequel Wim Wenders a emmené Edward Hopper avec lui.

Comme directeur de la lumière…

M.A.

• Un extrait pour le plaisir.