BLACKOUT

Cela part d’une bonne intention : faire des économies d’énergie pour lutter contre les changements climatiques et, par la même occasion, réduire notre facture d’électricité. Séduisant ! Alors, selon le calendrier fixé par l’Union Européenne, les magasins ont définitivement supprimé les ampoules dites «énergivores»  au profit d’ampoules plus écologiques. 

Sauf que dans la réalité, c’est autre chose. Ce sont trois nouvelles sortes d’ampoules aux technologies différentes : halogènes, fluocompactes ou LED. Pas question de se tromper, au risque de se retrouver avec un embout non adapté, un temps d’éclairage trop long ou une lumière digne d’un hôpital. Ce sont enfin et surtout des solutions qui posent déjà des problèmes. Plus ennuyeux.

Exagéré ? Pour la petite histoire qu’on ne dit pas souvent, une ampoule doit aujourd’hui se choisir selon son utilisation et son emplacement. Vous allumez et éteignez souvent une pièce comme les toilettes ? Évitez les ampoules fluocompactes qui n’éclaireront convenablement qu’au moment de tirer la chasse. À poser sur une lampe que vous laissez allumée longtemps alors ? Pas toujours ! Pour des raisons de champs magnétiques, elles sont également à proscrire près de notre tête. Exit sur lampes de chevet donc. Pour compliquer le tout, ces ampoules ne se jettent pas n’importe comment à cause du mercure qu’elles contiennent. Et on parle d’écologie.

Les halogènes ? Amusant, on a longtemps dit qu’elles consommaient trop. Mais il paraît que nous étions mal informés. Pauvres de nous. Cependant, n’hésitons pas à nous fier aux nouveaux discours et virer notre cuti sans aucun complexe ! Restent les ampoules LED. Hélas, elles sont encore très chères… Et que dire de leur composante bleue qui est déjà source de litige pour ses mauvais effets sur les yeux ? 

Ça commence à s’additionner. D'autant plus que ces nouvelles ampoules ont des prix presque prohibitifs pour une durée de vie souvent loin de tenir leurs promesses. Notamment dans une société où les installations électriques des foyers sont encore anciennes. Résultat, le budget «ampoules» a complètement explosé pour certains. 

Bref. Tout cela ne serait-il pas une fois de plus allé trop vite ? Ne sommes-nous pas une fois de plus les cobayes qui essuyons les actions bien pensantes de nos bureaucrates européens ? Pour peut-être devoir tout revoir dans quelques années? Ça mériterait franchement d’y voir un peu plus clair.

Bianca Alberti