KISS

A l’évocation de «Pretty Woman», film culte, nous revient d’abord la chanson de Roy Orbinson qu’on ne peut s’empêcher de fredonner. Puis s’impose la vision de la superbe Julia Roberts aux jambes interminables, et du non moins superbe Richard Gere au regard ténébreux. On passera rapidement sur son air inspiré chaque fois qu’il dégaine son téléphone portable de 98 kg! Là n’est pas le propos…

Des moments marquants il y en a plusieurs, cependant il en est un qui mérite une attention particulière : la scène du fameux premier baiser, celui que «Vivian» décide d’offrir à «Edward», le moment crucial où l’on comprend qu’elle est tombée amoureuse de lui. 

En effet, parce qu’elle exerce le plus vieux métier du monde, son principe de vie essentiel reste qu’embrasser sur la bouche est trop «intime». Dans ce moment clé du film, elle nous rappelle combien le premier baiser est l’acte fondateur de l’histoire d’amour, la vraie. Il nous fait chavirer, perdre nos moyens, lâcher prise. Il représente l’abandon complet à l’autre, l’instant où l’on décide de lier son destin avec confiance et délice. Il vaut mieux que tous les mots, et se passe de déclarations qui seront vite oubliées, tandis que ses sensations perdurent.

On a tous dans nos têtes les récits de nos grand-mères racontés mille fois et qui commençaient ainsi : «La première fois que j’ai embrassé ton grand-père…» Soudain leur regard s’illuminait, les détails précis du lieu et des circonstances revenaient à foison, et si le reste demeurait flou, c’est qu’il avait une bien moindre importance dans leur mémoire.

Finalement ce n’est pas le cadre du conte de fées moderne qui a fait  de «Pretty Woman» un succès vu et revu, mais le message fort et intemporel qu’il véhicule dans la lignée des grands classiques ; les sentiments sont plus importants que le sexe, et ils surmontent tous les obstacles ! Alors on ne se lasse jamais de regarder sur écran le triomphe de cet amour scellé par la magie du fameux baiser de cinéma. Et l’on se prend à rêver à celui qui nous attend le 14 février prochain… Qu’il soit le premier d’une histoire ou le centième!

Stéphanie Norris