ON JOUE À QUOI?

D'abord, entendons-nous bien sur les mots. Il s'agit ici de docu-réalité et non de télé-réalité. Nuance. Le docu-réalité est de la télé réalité qui met le niveau du contenu plus haut. Moins divertissant qu’instructif.
En Australie, depuis 2011, une émission intitulée «Go Back to Where you Came from» («Retourne d'où tu viens») commence à intéresser sérieusement France Télévisions.

Il y est proposé à six personnes, hommes et femmes aux opinions très arrêtées et très différentes sur les étrangers, de se mettre dans la peau de sans-papiers, de réfugiés. Ils connaissent diverses «épreuves» – camp de rétention, déplacements, descente de police… – à l'issue desquelles on leur demande s'ils ont changé d'avis.
Les producteurs insistent sur le fait que le but du jeu est de faire réfléchir, de faire prendre conscience. Comme si les JT et autres magazines de reportages ne s'en chargeaient pas suffisamment.

Alors jouons !
Pourquoi pas un docu-réalité dans lequel les candidats seraient invités à se mettre dans la peau d'otages ? Ça s’appellerait : «Nous ne les oublions pas», on les verrait sur leur lieu de captivité, on assisterait à leur quotidien, au traitement qu'ils subissent de la part de leurs geôliers, aux pressions, aux chantages… Et, à la fin, on leur demanderait si leur opinion a changé sur le sort qu'il faut réserver aux personnes enlevées. Les sacrifier ou pas… 

Enfin libérés, ils auraient droit à un retour en star à Paris… Façon Aubenas, Ingrid Betancourt ou Florence Cassez, bien que cette dernière ne fût pas otage à proprement parler. Cassez ? À la question de savoir si elle réalisait bien qu'elle était tirée d'affaire, posée par Gilles Bouleau dans son 20h, elle avait  répondu : «Oui, puisque je suis à TF1!» ?
Bonne réponse !

M.A.