ABUS DE SEXE

8 mars, Journée internationale de la Femme ! Malheureusement, rien à voir avec une fête. Ces 24h sont là pour rappeler tous les combats qu’il reste à mener dans le monde afin que la femme ait un statut respectable et respecté. Beaucoup proposent idées et points de vue. À commencer par les féministes. Aïe. 

Évitons toute confusion. Depuis la fin du XIXème siècle et particulièrement dans les années 1970, elles ont été celles qui ont défendu bec et ongles des droits essentiels comme droit de vote, droit à l’instruction, droit à disposer de son corps... Et s’il reste de grandes batailles à gagner, elles en font naître de nouvelles ces derniers temps qui ne sont pas forcément celles des femmes aujourd’hui. On pourrait même dire que ces batailles commencent sérieusement à peser dans notre quotidien et notre féminité. 

À force de vouloir que nous soyons l’égal absolu de l’homme, ces féministes bâillonnent nos envies d’être parfois femme fragile désirant se réfugier dans les bras d’un macho ; elles oppriment nos envies d’être traitées différemment, avec une déférence qui a tendance à disparaître ou une galanterie que la gent masculine n’ose plus afficher de peur de nous insulter; elles condamnent nos choix d’être femme au foyer car n’y voient qu’une condition avilissante; elles nous obligent à être appelées Madame quand nous étions touchées d’être considérées comme une Mademoiselle. Elles nous font nous sentir coupables de ne pas être uniquement castratrices, vindicatives… 

Que veulent-elles que nous soyons ? Tout dépend des féministes, ce qui ajoute à la confusion. Quand certaines réprimandent la moindre utilisation du corps féminin comme moyen de communication, d’autres ont comme credo de s'exhiber seins nus pour faire entendre leur action. Une chatte –sans jeu de mot sexiste n’y retrouverait pas ses petits. 

Alors que voulons-nous être ? Il serait impossible de lister toutes les causes pour lesquelles les femmes ont encore besoin d’aide. Mais nous ne voulons pas faire de l’homme notre ennemi numéro 1. Nous ne voulons pas les torturer dans leur virilité. Nous voulons pouvoir être fières de notre sensualité et des regards de fantasme qui peuvent aussi nous flatter. Surtout, nous voulons pouvoir dire stop quand nous ne sommes pas d’accord avec leurs protestations, ou que nous ne nous sentons pas concernées par leurs revendications quasi-terroristes. Après tout, la liberté de parole et de pensée est un droit fondamental, non ? On devrait le savoir très vite.

Virginie Achard