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Avec la TNT et sa multiplication des petites chaînes, la télévision est devenue une sorte de kiosque. Et les jeunes, notamment les 15-25 ans, s'amusent avec elles, attrapant au vol des programmes qui deviennent, un certain temps, leur chouchou. 

Ces choix spontanés virent même parfois, pour certains d'entre eux, à de véritables «fixations». «Les Ch'tis», par exemple, qui, sur W9, se promènent dans le monde entier (Las Vegas après Mykonos) sont le type même de téléréalité dont les fans ont du mal à décrocher. Tout en étant conscients de sa quasi nullité. Et c’est dans cette complicité partagée et rieuse, quand ils en parlent entre eux, qu'ils en font un simple moment de divertissement, une pause entre deux prises de tête scolaire ou estudiantine.

D'autres – les filles, surtout – ne ratent pas Cyril Hanouna qui anime «Touche pas à mon poste» sur D8, rendez-vous quotidien consacré à l'actualité de la télé, justement.
Et puis, dans un autre genre, il y a la série comme Gossip Girl. Sa saison a pris fin la semaine dernière sur HD1, au grand dam de ses fidèles (qui se consolent d'ores et déjà grâce aux DVD).

Ces «nouveaux téléspectateurs» ont une relation complètement différente avec ces émissions que celle qu’avaient les générations précédentes. Surtout celles des années 60-70 qui considéraient qu’il y avait la mauvaise télé (les séries américaines sauf «Columbo»…) et la bonne (les «dramatiques», les plateaux littéraires, le ciné-club…). 

Eux, ces ados et pré-adultes, passent de l'une à l'autre, comme ils passent du poste traditionnel à l'ordinateur. Le podcast les encourageant un peu plus à composer «leur» grille. Faite de tout, sans souci de laisser-aller basique ni de frime intellectuelle, portés par ce flot d'images en s'arrêtant là où bon leur semble, en fonction du moment et de l'humeur. Ayant appris à nager très tôt… Et à garder la tête hors de l’eau.

M.A.