FRANÇOIS ET FRANÇOIS

Nous voilà flanqués de deux François. L'un en CDD, notre président de la République ; l'autre en CDI, le nouveau pape. L'un, le chef de l'État français, s’est lancé il y a bientôt un an ; l'autre, d'origine argentine, n'a pas perdu une seconde pour exister.
Et tous les deux ont joué sur des registres communs : la «normalité» pour François Hollande et la «simplicité» pour François tout court…

Le président de la République avait entamé son mandat en prenant le train ou la voiture comme tout le monde, en continuant à dormir chez lui plutôt qu'à l'Élysée et à faire ses courses dans son quartier.
Le pape est allé régler lui-même sa facture de la pension pour prêtre où il s'était installé avant son élection et a pris le bus avec les autres cardinaux au lieu de la voiture officielle qui l'attendait.
Autant de petites mises en scène pleines de symboles et d'habileté.
Face à l'hyper-personnalisation des grands de ce monde par la télévision qui, en un  rien de temps, impose leur image à toute la planète, on peut comprendre que la proximité devienne le souci de leur communication. Comme pour descendre de leur piédestal.

Le président Hollande veut rester proche des gens.
Le pape François veut rester proche des pauvres. 
Volontés irréprochables…
Mais on a bien vu, l'autre jour à Dijon où s’était rendu notre chef de l'État, que ça ne dure pas longtemps : barrières, cordons de sécurité, interventions policières… L’illustre visiteur était redevenu intouchable.
Inaccessible François de France en attendant l'inaccessible François de Rome ?

Maurice Achard