AFFAIRES DE CONDUITE

Scandales à répétition, corruption, abus de biens sociaux et autres délits en tous genres sont devenus le quotidien des partis politiques, et par conséquent le nôtre… Ce 2 avril en est encore une belle preuve. C’est un fait acquis qu’ils ne tiennent pas leurs promesses une fois installés sur leur trône. Un autre fait désormais qu’ils accumulent squelettes dans leur placard ou casseroles au cul.  Et il est aberrant, quand on y pense, de s’être adapté à ce mode de fonctionnement du monde politique. 

Mais il y a pire. Car ces hommes, évoluant dans les mêmes sphères, se côtoient évidemment tous de près, qu’ils soient de gauche ou de droite, d’autant que certains n’hésitent pas à virer de bord. Mis à part quelques idéalistes que la confiance rend aveugle, on peut se douter que beaucoup partagent quelques petits secrets bien gardés à l’ombre et scellés par un silence tacite et mutuel. Et pourtant, quand la presse sort les dossiers, les loups sont lâchés et c’est une autre histoire! Une performance dans l’hypocrisie, la plupart oubliant de façon bien opportune leurs petits arrangements avec leur propre conscience. Sans complexe, ils entonnent cette phrase devenue vide à force d’être machinale : « Il faut que toute la lumière soit faite sur cette affaire » alors qu’ils auraient, ont ou ont eu, eux aussi, certainement, des comptes à rendre à la justice… Que de mines offusquées ! Que de discours indignés et requêtes de justice lancées au nom du peuple français ! Jérôme Cahuzac, dernier menteur démasqué, n’a pas hésité lui-même à exceller dans le genre.

Cela devient alors un véritable lynchage. On est plus fort quand on est à plusieurs, et encouragées, les langues se délient, les points de vue se multiplient, les insultes aussi. Basse-cour de bas étages. 

Mais voilà. Leur petit numéro de vierges effarouchées, ne trompant personne, ne fait qu’amoindrir une crédibilité déjà réduite à peau de chagrin. Le théâtre politique est devenu une émission de téléréalité plus vulgaire que la plus affligeante des programmes du genre. Bel exemple, belle image, bel avenir.

Marie Veyrier