DÉCALAGE HORAIRE

On a tous dans son entourage un ami en retard, qu’il habite à vingt mètres ou à perpète. Une tendance qui prend de plus en plus d’ampleur et qui, mine de rien, transforme nos dîners. Petit tour non exhaustif des différents retardataires pour mieux connaître nos amis :

- Le «bien élevé» ; il est le seul à savoir que la bienséance exige qu’on doive arriver quinze minutes après l’heure prévue, au cas où la maîtresse de maison aurait coincé la fermeture éclair de sa robe Zara.
- Le «snob attitude» ; en gros il vous fait une énorme faveur en venant chez vous, il est donc parfaitement normal que vous l’attendiez comme le Messie, avec tapis rouge s’il vous plaît (moyenne de retard entre 1h30 et 2h, il se permet de faire la gueule en arrivant, constatant que tout le monde s’amuse bien sans lui).
- Le «tu vas pas le croire mais» ; celui sur lequel la tuile de dernière minute tombe toujours : sa baby-sitter s’est envolée à Acapulco avec les bijoux, le petit dernier s’est cassé trois dents au moment où il partait (moyenne de retard 2h, s’il ne brille finalement pas par son absence, faisant capoter, par la même occasion, votre plan de table qui affichera deux chaises tragiquement vides).
- Le «borné» ; on a beau lui dire qu’il est impossible de trouver une place dans le quartier, il persiste à prendre sa voiture, vous appelle tout fier en bas de chez vous : «tu vois je suis à l’heure, je me gare et j’arrive» (moyenne de retard entre 45 min et 1h15, il vous reproche invariablement de vivre dans un quartier pourri et feint d’ignorer l’odeur persistante de la dinde brûlée que, confiante, vous aviez entre-temps mise en route.)
- Le «pas sûr de lui» ; il a le chic pour gâcher votre soirée et la sienne, en restant planqué en bas de chez vous, attendant que tout le monde débarque pour arriver «dégagé». Résultat, il loupe complètement l’ambiance et se morfond sur le canapé.

Enfin, il y a le retardataire «lambda», qui ne se permet jamais plus d’une demie heure de retard, arrivant avec sourire, excuses et bouquet de fleurs, nous réconciliant avec le reste des enquiquineurs qui ne changeront jamais !

Stéphanie Norris