GREVE DES NEWS

Lorsque France Info, station tout info enrichie de son site Web, perd en trois mois (janvier-mars), 550 000 auditeurs, selon le dernier sondage Médiamétrie, et que, parallèlement, le réseau des locales de France Bleu en gagne 471 000, atteignant la cinquième position, on ne peut s'empêcher de lier ce chamboulement à l'actualité trop extrême, trop sombre, trop négative qui nous cerne dès le petit matin. France Info, c'est le monde entier chez soi. France Bleu, c'est la vie près de chez soi.

Des centaines de milliers de personnes auraient donc décidé de boycotter les mauvaises nouvelles au profit d'une proximité moins incertaine, plus paisible, plus vivable. Même Europe 1 connaît un de ses scores les plus historiquement bas.

Depuis quelque temps, déjà, on entendait ici ou là des gens qui avouaient ne plus se laisser réveiller par des bruits de kalachnikov ou de bombes, ni par l'annonce de nouveaux mauvais chiffres ou le ressassement de discours vides. Mais par de la musique ou le simple signal de leur portable, plus supportable.
Tendance qui se trouverait ainsi confirmée par les résultats de cette nouvelle vague d'audiences. Comme si, à la place du fameux «ça va être les informations», c'était désormais «les informations, ça va».
L'actu sens dessus dessous, en quelque sorte. Dans le viseur d’une opinion publique qui en a jusque-là !
Il faut dire que les faits eux-mêmes marchent à l'envers puisque ce sont les trains arrivant à l’heure qui sont devenus un événement…

M.A.