Faire ses toilettes

Pour choisir un café ou un restaurant, les critères sont simples : la carte, la décoration l’accueil, les prix. Ainsi soit-il. On en oublie pourtant un qui, même s’il paraît secondaire, n’en est pourtant pas moins significatif : les toilettes. Ici, pas de discours sur les usages - on le sait, les cuvettes sont victimes d’accidents et tout le monde ne se lave pas les mains - mais sur ce qui est mis à disposition pour permettre à chacun de profiter d’un lieu propre et agréable. 

Ça commence avec la lumière. Certainement par souci d’économie d’énergie, les propriétaires installent de plus en plus des minuteries automatiques. Aucun souci. Sauf dans le temps accordé. Trente secondes, c’est court. Et il n’y a rien de pratique à devoir agiter vivement ses bras pour créer du mouvement et retrouver un peu d’éclairage.
Vient ensuite le problème de la lunette. Entre les revêtements papier à poser soi-même, ceux en pastique qui se changent automatiquement ou encore le désinfectant en libre service, il existe suffisamment de solutions pour qu’un établissement passe outre. Pourtant... Côté distributeur de papier toilette, il arrive encore que ce soit le sol. Tout simplement. Le beau rouleau posé par terre, bien exposé aux traces de chaussures ou autre incident urinaire. Irrésistible.

Reste l’étape du lavage des mains. Quand seule l’eau glacée est possible, c’est idéal. Sans compter que le dévidoir de savon est vide et le sèche-mains en panne. Autant oublier cette étape et se nettoyer les mains une fois sorti avec son anti-bactérien de poche. Bien évidemment, dans de telles conditions, la bougie anti-odeur ou la patère pour accrocher son sac sont des options que l’on n’ose même pas évoquer.

Le plus triste dans tout ça est la certitude que ces exemples rappellent à tous des souvenirs. Et là, rien à voir avec le standing du lieu. Il est arrivé de vivre des situations inacceptables dans des endroits très chics. Et inversement. Pas de conclusion hâtive donc. Mais pour ce que cela raconte finalement, c’est le manque d’égard de la part de la direction. En un instant, le client est ramené aux vicissitudes de tous les jours. Vous vouliez une pause, bienvenue dans une vie de chiotte !

Bianca de Metz