SANS POUR SANS

L'opération s'intitule «Dix jours sans écrans». Défi lancé à des élèves de primaire, du CP au CM2 : se passer de télévision, d'ordinateur, de téléphone, de console de jeux durant cette période ou, tout au moins, le plus longtemps possible. Initiative qui nous vient du Québec et qui, chez nous, tente de plus en plus d'écoles. À Nanterre, récemment, une remise de prix a même eu lieu devant 180 participants! Tous ne sont pas allés jusqu'au bout – difficile de ne pas craquer pour «The Voice» – mais beaucoup assurent avoir, du coup, renoué avec la lecture et les jeux de société, retrouvé le goût de la communication familiale, des promenades, etc.

En 1986, une expérience d'esprit identique avait été imaginée par «Télérama», dossier prolongé d'un documentaire sur Antenne 2. Tout le monde était concerné cette fois, c’est-à-dire adultes compris. On ne parlait pas encore d'«addiction chez les jeunes» mais l'objectif était similaire : essayer de vivre sans «elle», la télé.

Évidemment, ces tests ont tout pour eux. Ils veulent désintoxiquer petits et grands des méchants écrans au profit de la culture et des loisirs enrichissants. Même si, 25 ans plus tard, la preuve est faite qu’ils n'ont servi à rien puisque rien ne s'est arrangé. Les écrans se sont multipliés comme on ne l'aurait jamais imaginé en 86…

C'est que le problème n'est pas de revenir à une vie sans, sur le thème «c'était mieux avant», mais de vivre avec, en sachant appuyer sur les bons boutons. Ceux qui entretiennent des liens avec ce qui n'a pas disparu pour autant mais se présente autrement : les livres, les films, l’Histoire, la géographie… Et de savoir les éteindre, ces boutons, quand le programme est terminé.

D'ailleurs, et à l'inverse, l'absence de tout poste ou de toute console ne garantit pas un environnement plus exigeant : à part celui qui reliait les candidats à l’animateur, il n'y en avait aucun dans le fameux «loft» de M6.

M.A.