ALLO ?

Internet et le téléphone… Des pas de géant pour la communication. Des pas en arrière pour l’humanisation. Dans la balance, ça fait mal.

Au départ, les relais que sont devenus les sites internet ou les répondeurs automatiques. Si certains offrent un nouveau confort, ils se sont malheureusement développés comme des petits pains pour la moindre action, mettant au défi n’importe quel seuil de patience : recherche stérile sur un site mal fait, bugs au moment d’un deal, message pré-enregistré qui ne répond pas à votre demande spécifique, prix de chaque minute dépensée pour obtenir une précision, etc… Tout le monde se plaint, mais peine perdue. Désormais, même vérifier les jours d’ouverture d’un musée ou commander un taxi est une galère. Magnifique!

Reste alors la possibilité d’essayer de joindre une personne. Une vraie. Dans l’espoir d’une délivrance. Généralement, ce sera la touche 9 que l’on proposera de taper sur votre clavier après vous avoir fait tourner en rond avec tous les autres choix. Ou un numéro abrégé, vert, azur que vous aurez fini par dénicher sur la sixième page intérieure du site web. Après une attente infinie, vous avez enfin un être humain à l’autre bout du fil. Une oreille attentive, prête à comprendre votre désarroi, compatir à votre problème mais surtout à le régler. Sauf que. De plus en plus souvent, vous n’avez pas un interlocuteur mais un robot. Parce que cette personne aura reçu une formation qui se résume à «ne pas sortir des procédés habituels», quand bien même ils ne répondent pas à votre besoin. Parce que vous êtes la trentième personne de la journée qu’elle entend se plaindre ou s’énerver et qu’à force de recevoir tant de seaux de vomi, elle s’est forgé une carapace. Parce que située dans un pays étranger, elle comprend très mal votre langue et que vous ne parlez pas du tout la sienne. 


Ce qui se termine par deux monologues sans fin et parfaitement inutiles. Une frustration. Un malaise. Une profonde solitude. À deux. Beau cadeau des temps modernes.

Marie Veyrier