LET'S THE SUNSHINE IN !

Étrange. Le soleil est là depuis quelques jours (quoique) et toujours pas de grogne (quoique). Car c’est bien l’ambivalence de nos réactions qu’il subit constamment. Quand il tarde à se montrer, on se plaint. Quand il s’installe, on ne cesse de répéter qu’il fait décidément trop chaud. Sans compter tous les avertissements face aux dangers qu’on lui attribue. À chacune de ses qualités, on lui flanque un défaut !

Le soleil diffuse une lumière qui libère des endorphines, ces hormones si précieuses pour notre bien-être ? Pas de chance, cette lumière est perçue par nos yeux or le soleil est mauvais pour eux. Risque de cataracte. 
Le soleil est la principale source de vitamine D, essentielle pour le corps (pour les os, le système auto-immun, contre certains cancers)? Malheureusement, point trop d’exposition pour éviter un autre cancer, celui de la peau. 
Le soleil est bénéfique contre les maladies comme le psoriasis ou l’eczéma ? Mais bon, toujours cette histoire de cancer…
Le soleil stimule la fabrication de mélanine qui sauve nos teints blafards verdâtres et permet de se protéger un peu des UV ? Hélas, il accélère le vieillissement cutané. Et toujours ce cancer pas loin.

Bientôt, on va lui trouver des responsabilités dans les problèmes d’effets de serre ou de couche d’ozone dont seuls les hommes sont responsables. On commence bien à suggérer qu’il aurait une action sur le réchauffement climatique…  Pourquoi ne pas lui reprocher la crise économique, le gâteau trop cuit ou la télévision en panne tant qu’on y est !

Plus important : que tout cela est barbant ! Tellement le contraire de ce qu’il déclenche : sourire, jolies couleurs, insouciance… Alors pour que tous ces discours ne lui donnent pas envie de se faire la malle, nous lui dédions cette incantation :

Cher Soleil, des mille et un éveils,
Promis, nous serons raisonnables sous vos rayons si agréables,
Et arrêterons de râler quoi que vous fassiez.
Sans vous, notre quotidien n’a pas le même goût.
Nous sommes tous de votre système. De quoi pouvoir dire «On vous aime»
Car le jour où vous disparaîtrez, la Terre cessera d’exister.

Tiens, c’est vrai ça…. On aurait peut-être dû commencer par là.

Marie Veyrier