LET’S TWEET AGAIN

Le petit écran a l’œil fixé sur plus petits que lui. Sur ceux des ordinateurs, smartphones et autres tablettes. Motif de cette attention soutenue : le nombre de plus en plus important de téléspectateurs qui commentent sur Twitter ce qu'ils regardent au même moment. Plus de la moitié, selon Libé. Les grandes chaînes appellent ça «l'audience sociale» qui vient donc s'ajouter aux mesures traditionnelles de fréquentation opérées par Médiamétrie. Les deux se complètent, en fait : Médiamétrie, c'est le quantitatif ; Twitter, c'est le qualitatif. Et cette «audience sociale» offre un accès immédiat à ce que les gens se disent d'ordinaire le lendemain matin dans leur train de banlieue ou devant la machine à café. Précieux.

Les critiques de télévision, dorénavant, ce sont eux. Loin, bien loin, des chroniqueurs «spécialisés» qui sévissaient joyeusement dans la presse, sans se soucier de savoir si leur point de vue, leurs exigences, reflétaient l’avis général, celui de la «France profonde» comme on disait, mais qui, malgré tout, permettaient une réflexion sur la pertinence des émissions. Cependant, les programmateurs n’en tenaient guère compte.

Aujourd'hui, c'est tout le contraire. Les tweeters sont pris très au sérieux, ignorant sans doute leur influence. Laquelle devrait prendre de plus en plus d'ampleur en ces temps d'obsession référendaire et de démocratie d'opinion.

Si c'est la base qui, désormais, a toujours le dernier mot, alors le nivellement par le bas, justement, a de beaux scores devant lui.

M.A.