MANQUE D'OXYGÈNE

Jeunes et vieux, riches et pauvres, hommes, femmes, conducteurs et sans-permis, familles et célibataires, français et étrangers. Tous au dernier Mondial de l'automobile. La voiture serait-elle fédératrice? 

Mais pour combien de temps encore? Car elle subit des déroutes. Il y a la crise évidemment. Il y a le prix à la pompe également. Ça ne l’aide pas. Plus que tout, il y a un discours. Culpabilisant, contradictoire, contraignant. Certes, la voiture pollue. Certes, la voiture est dangereuse. Mais ce n’est pas nouveau malgré ce que pourraient sous-entendre les propositions pour y faire face. Bien pensantes avant d’être bien pensées. On est en train de faire de l’automobile un objet sale, indigne, superflu. Un caprice. Le conducteur est un méchant, un égoïste, un irréfléchi.

Seulement, la voiture reste une invention pratique qui améliore avant tout le quotidien des gens et qui peut, accessoirement, ravir les yeux et les esprits grâce à son design ou son équipement. Car c’est toute sa force. Mêler utilité et futilité sans que ce soit, pour une fois, une honte ou une source de conflit. Pourquoi casser ça ? Une voiture, c’est un morceau de vie. Dans une voiture, on partage des émotions, des voyages, des souvenirs. On peut y dormir comme faire l’amour. Des inconnus peuvent se parler autour d’une voiture, juste pour discuter carrosserie ou moteurs. La voiture, c’est la possibilité d’aventures et d’évasions de toutes sortes. Même les plus petits véhicules sont source de plaisir. Pas besoin de monter très haut en gamme. On se souvient de la première génération des 2CV, Fiat 500, Coccinelle. On s’en souvient tellement bien qu’on ne cesse de s’en inspirer pour créer de nouveaux modèles.

Comme pour redonner du rêve au rêve. Elle aurait peut-être simplement besoin qu’on lui redonne un peu d’air. Elle aussi est bien polluée au final.

Marie Veyrier