PAS TOUCHE !

Ce sont des intouchables.
Qu'ils soient coupables ou victimes. Violents ou provocateurs.
Quoi qu'ils fassent, ils sont du bon côté et il ne saurait être question de les mettre en question, de les pointer du doigt.

L'un s'appelle Bertrand Cantat, l'autre s’appelait Clément Méric.
Aucun rapport entre eux. L'un a tué Marie Trintignant. L'autre a été tué suite à une bagarre dont il semble avoir sa part de responsabilité.

Dès l'annonce du drame Trintignant, on avait perçu que, dans certaines sphères bien pensantes, il serait déplacé de ne pas venir a priori au secours du chanteur de Noir Désir. Une sorte de cordon protecteur s'était aussitôt déplié, notamment dans les colonnes des «Inrockuptibles». Quitte à publier des articles innocentant presque l'idole aux paroles subversives. Dix ans plus tard, un livre qui vient d’être publié affirme que Cantat, une fois sorti de prison, s’en est pris également à son épouse qui a fini par se suicider.

Autour de Clément Méric, c'est dans «Libération» que le cordon se déploie : il est exclu de se demander «qui a commencé», du militant d’extrême droite ou de lui, militant d’extrême gauche, malgré une vidéo qui ne plaide pas en sa posthume faveur.

Parce qu'il n'y a que les idées qui comptent, n’est-ce pas ? La bagarre des idées, quelle que soit la bagarre proprement dite.
C'est bien connu, regarder les choses en face, ça fait «réac».

Maurice Achard