RED CARPET

Il fait rêver la majorité des Françaises et fantasmer la plupart des étrangères. Comment ? En partie pour le rouge maison qui habille magnifiquement chaque semelle des souliers qu’il crée. Aucun doute, derrière cet engouement et cette couleur se cache Christian Louboutin. 

Il faut avouer que ses collections regorgent de véritables trésors totalement intemporels ou totalement importables mais qui flattent toujours les yeux, encensent la féminité et nous rappellent à tous le pouvoir des talons hauts. Et à la rédaction, on les aime, on en porte. 

Alors que fait Christian Louboutin dans la rubrique «Beurk» ? Il fait que lorsque l’on revendique une signature au point de l’imposer aux Etats-Unis comme marque déposée, il serait bien d’en assurer parallèlement la qualité. Car tout est là. Dans cette semelle, et plus particulièrement son rouge. Hélas, ce qui fait la touche du créateur s’efface au fil des pas sur le bitume pour laisser rapidement place à une tache grise peu glorieuse. 

Le problème n’est pas nouveau. Il commence dans la boutique, lorsque vous essayez votre prochaine folie et que le vendeur vous demande expressément de marcher sur le tapis et nulle part ailleurs pour ne pas les abîmer. Il continue sur les sites et forums où les modeuses s’échangent d’innombrables messages pour essayer d’y remédier. On atteint des sommets, comme «poser un adhésif transparent» sur la partie de la semelle concernée pour la protéger. Bien sûr, Christian Louboutin propose une solution : un cordonnier, et un seul, à Paris. Moyennant 96 euros et un mois environ, il vous refera vos semelles en cuir toute neuves qui connaîtront les mêmes soucis que vos anciennes. Ou qui, pour 25 euros et deux semaines, vous posera un demi patin en caoutchouc. Mais en caoutchouc logotypé Louboutin. So chic.

Ou pas. Du coup, on fait quoi ? On continue d’aduler en fermant les yeux ? On prévoit un budget kilométrique ? On suggère un cuir teinté dans la masse ? Compliqué. Il ne nous reste plus qu’à faire comme Disney. En confiant à Christian Louboutin la création de ce que pourrait être la fameuse pantoufle en vair de Cendrillon, Disney pouvait au moins s’assurer que celle égarée resterait intacte un peu plus longtemps. On n’y avait pas pensé. Pourtant, jouer les princesses, c’est tout ce qu’on demande.

Virginie Achard