ALLEMAGNE : MAMAN À TOUT PRIX !

Si Nietzsche a inventé le mythe du surhomme, L’Allemagne a inventé celui de la surmère ! Blonde, mollets musclés, costume traditionnel et seins énormes (d’où le mythe de la Grosse Bertha qui est carrément «canon»).

Plus sérieusement, être mère en Allemagne, c’est être «Mère Courage» ! L’enfant n’est ni roi ni tyran, mais il accapare tout. Conversations, gestes, temps… Il faut dire que l’éducation reste un «devoir» pour la femme. Que l’on soit médecin, avocate ou ingénieure, il est de bon augure de prendre des congés parentaux de trois ans (par enfant) et troquer la jupette et les talons hauts contre un tablier et des sabots. Et quand il est temps de retourner au bureau, c’est la course ! Car, hors de question de ne pas être là à 13 heures, après la fin des classes, pour s’occuper des petits. Toutes celles qui ne le font pas sont affublées du sobriquet «Rabenmutter» soit «Mère corbeau» ce qui pourrait se traduire par «Marâtre» en français... 

L’Allemande est terrorisée à l’idée d’être une Rabenmutter. Sans pour autant se poser en victime, elle se met donc à tricoter, peindre, bricoler, raconter des histoires, faire des saucisses en pâte à modeler, réapprendre le latin, le catéchisme et la soupe à l’oignon. Son salon se transforme en salle de jeux, sa cuisine en cantine, son lit conjugal en trampoline tandis le mot «baby-sitter» est un terme étranger qui n’existe que dans les dictionnaires. 

C’est simple, les petits ne sont bien que dans le giron familial. Mais c’est vrai que le résultat est là: les Allemands ne sont pas des bons à rien, tout le monde le sait. Ils sont bien élevés, cultivés, soignés, talentueux, musiciens, sportifs, précis, disciplinés, patati, patata… En un mot comme en cent, ils sont naturellement arrogants mais extrêmement efficaces. 

Du coup, entre l’idéal germanique et la réalité de l’Allemagne moderne, les Allemandes ne réussissent pas toujours à trouver l’équilibre et font des choix tranchés : elles préfèrent soit laisser tomber leur boulot et leur carrière, soit ne pas avoir d’enfant du tout. L’idée de mettre leur progéniture à la crèche leur fend le cœur. Cela dit, ça tombe bien, il n’y en a pas, ou à dire vrai, pas assez.

Céline Koller