LIAISONS DOUTEUSES

Il y a, dans l'air, des relents de «guerre froide».
Il y a,  sous terre, des relents de «retour à la mine».
Il y a, dans les kiosques, des relances d’anciens titres comme «Lui» et «Jours de France».
Ces façons de présenter les choses entretiennent l'impression d'un grand retour en arrière. Mais c'est pure illusion, bien sûr.

Guerre froide ? Rien à voir avec le face-à-face idéologique d'après-guerre entre l'URSS et les États-Unis. Simplement, Obama et Poutine se sont fait la gueule au G20, chacun étant enfermé dans ses engagements et ses intérêts.
Retour à la mine ? Rien à voir avec l'époque de l'extraction du charbon dans les conditions que l'on sait. Simplement, l'État se lance progressivement dans l'exploitation de sous-sols contenant des métaux dont les cours ne cessent de monter (or, cuivre, zinc etc.). Cela avec les moyens sophistiqués d'aujourd'hui.
«Lui», le mensuel érotique reparaît. Mais rien à voir avec celui que l'on cachait dans les pages du «Figaro» ou de «l'Equipe». Aujourd'hui, il n'a plus de photos «osées» à cacher et ses silhouettes si stylisées sont même à conseiller en ces temps de vulgarité généralisée.
«Jours de France» revient. Mais rien à voir avec le magazine de nos arrières mamies blue et taties zonzon. Aujourd'hui, les ménagères de «plus de cinquante ans» croient encore au grand amour. 

Autant dire que l'utilisation abusive de clins d’œil au passé pour évoquer le présent n’en éclaire pas mieux ses impasses, ses espoirs, ses rebonds. Au contraire, elle peut induire en erreur, entretenir la confusion. Jusqu'à réjouir et renforcer ceux qui ne demandent qu'à penser que «c'était mieux avant».

Maurice Achard