LIRE, DIT-IL

Il était grand, il était beau. Quand il marchait, on aurait dit qu'il flottait. Quand il parlait, sa voix tremblait un peu. C'était un poète, un écrivain, d'un talent inouï (adjectif courant chez lui…). Nous vous présentons Michel Cournot.

Décédé en 2007, un recueil de ses principales chroniques littéraires est paru au printemps 2012 et cet ouvrage, intitulé «De livres en livres», devrait servir chaque année de poisson pilote à la rentrée littéraire. Parce que c'est avant tout un éloge de la lecture. Les premières pages, magnifiques, sont d'ailleurs consacrées à ce désir fou, passionné, de transmettre, de donner envie de lire, quitte à commencer par partager avec le lecteur la pure émotion du toucher de la couverture, du papier, son odeur.
Parce que tous les mots qu'il emploie, les digressions qu'il s'offre, portées par cette écriture libre, souvent drôle, toujours limpide, cherchent à nous faire sentir combien il serait dommage de rater tel ou tel auteur.
Bien sûr, il s'agit souvent d'écrivains impressionnants, de «colosses» comme disait Malraux à propos de Gide, de gens tels Henri Michaux, Sartre, Sade ou «du côté de chez Swann», évidemment.
Mais il ne faut pas avoir peur d'être perdu ou de s'ennuyer. À propos de chacun d'entre eux, Cournot nous raconte des histoires, nous signale des choses à retenir. Et c'est un régal.

Il n'y a que le titre qui ne va pas : trop banal, trop froid. On aurait préféré une invitation plus originale, plus juste, à la découverte – pour ceux qui n’ont pas lu ces chroniques dans «le Nouvel Observateur» ces 40 dernières années – de tant de petits chefs-d'œuvre.

Maurice Achard

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