LA REINE DES PRUNES

Quand vient la fin de l’été, abusons d’un plaisir du palais : les prunes. Mais pas n’importe lesquelles, des reines-claudes, les vraies. À savourer comme fruit de table ! Parce que franchement, les reines-claudes bien mûres (malgré leur couleur verte qui s’assombrit ou roussit) sont tellement juteuses, sucrées et parfumées lorsqu’elles éclatent dans la bouche, qu’il serait dommage de les cuire pour en faire de la confiture, ou même un gâteau. Quel délice quand leur peau se craquelle en sourire pour laisser échapper une pointe de sirop…

On comprend que la reine Claude de France en raffolait ! En effet, au début du XVIe siècle, cette reine surnommée «la Bonne Reine» n’eut pas la vie facile. Mariée à quatorze ans, première épouse du futur roi François Ier qui lui fit sept enfants, elle mourut à la naissance du huitième, à vingt-quatre ans seulement… Elle laissa son nom à cette variété de prunes, une petite douceur consolatrice qu’elle pouvait au moins apprécier, dont la culture provenait d’un arbre importé d’Asie. 

Comme la mirabelle de Nancy et la quetsche d’Alsace, la reine-claude verte ou dorée est qualifiée de «prune noble». Ne pas la confondre avec la reine-claude de Bavay un peu plus grosse et un peu moins sucrée, au noyau semi-adhérent et non pas libre. Quant aux qualités de ce fruit, peu calorique malgré sa forte teneur en glucide, il contient du sorbitol qui stimule la vésicule biliaire et facilite la digestion, sans pour autant provoquer d’irritation comme parfois les pruneaux, plus acides.

Chez les pépiniéristes, on est perdu dans les catégories d’arbres fruitiers «prunus domestica», proposant des pruniers à reine-claude dorée ou, totalement à l’opposé, violette ! ou encore de Bavay, ou d’Oullins… Quoi qu’il en soit, ils sont tous à feuillage caduc, aiment le climat continental aux saisons distinctes (sauf la canicule ou les gelées printanières) mais ne supportent pas les climats venteux. Bien sûr notre préférence ira au prunier reine-claude verte, qui offre en avril sa floraison blanche et nous régale en septembre. 
En espérant que cet avis ne comptera pas pour des prunes…

Elido