SOUS LES IMAGES, LES PAGES

La revue de presse est-elle un genre soluble dans le petit écran ?
Depuis cette rentrée, chaque matin à 7h45 sur LCI, Michel Field présente et commente les quotidiens du jour. Une rubrique somme toute banale qu’on a l'habitude depuis des lustres d’entendre à la radio. Sauf qu’à la télévision, l'exercice devient plus périlleux.

Suivre d’un œil l'article en cours de lecture sans vraiment se détacher de la caméra, tout en enlevant et remettant sans cesse ses lunettes entre deux gros plan sur les «unes» et les pages affichées dans son dos, il faut être une sorte d'acrobate, exercice auquel Field se livre tant bien que mal.
À cette nuance près qu'il n'a pas été engagé pour assurer les attractions. Field est un excellent journaliste, féru d'actu, que les débats passionnent et l'on sent bien qu'il n'est pas à son aise dans ce direct essoufflant, dans cette agitation qui nous distrait, en plus.

Du coup, on ne la suit plus, la revue. On ne l'écoute plus, on la regarde. Et il faut bien reconnaître que les zooms furtifs sur certains articles ou logos n'ont guère d'intérêt. Quelques lignes essentielles des éditos et autres papiers, repérés par Field, pourraient, par exemple et simultanément, défiler sur l'écran, comme souvent au JT, afin de mieux accrocher notre attention. Mais cela reviendrait, probablement, à surcharger un peu plus la séquence…
La télévision est trop pressée pour la presse.

M.A.