EFFET SECONDAIRE

SMR. Service Médical Rendu. Telles sont les initiales et l'intitulé d'un projet du ministère de la santé qui obligerait les Laboratoires à apposer sur chaque boîte de médicaments remboursables un code évaluant son efficacité. Cela irait de «majeur» à «faible» en passant par «important» ou «insuffisant». L'idée doit être maintenant approuvée par l'Élysée et, si c'est le cas, devra être votée par le Parlement. Mais on dit déjà que c'est un projet qui pourrait voir le jour dès l'année prochaine.

Projet qui peut paraître curieux : comment un médicament remboursable pourrait-il avoir été officiellement validé tout en étant jugé d'une efficacité «faible» ? Pourquoi pas «nulle» ? Il risque d'ailleurs d’y avoir débat autour de certains produits. Un nonagénaire en pleine forme n-a-t-il pas déclaré récemment dans «le Parisien» que le Prozac lui a sauvé la vie ?

Mais c'est un projet qui, en y réfléchissant, pourrait faire son chemin vers d'autres boîtes. Celles des jeux vidéo, par exemple. Imaginons. Le code irait de «très violent» à «divertissant» en passant par «brutal» ou «stressant».
Pour le dernier né d'entre eux qui vient de sortir, le fameux GTA V, il faudrait même monter d'un cran dans la prévention. Genre : «dangereux» ou «traumatisant» étant donné que l'on a affaire à une sorte de condensé d'ultra violence. Traumatisme risquant de nécessiter, par la suite, chez certains utilisateurs –il est normalement déconseillé au moins de 18 ans–, un suivi psychologique soutenu par un traitement à base de médicaments. Marquer cette fois «Service Mental Rendu».
SMR…

Maurice Achard