MAUVAISES NOTES

Les relations entre la télévision et la chanson sont désaccordées. Ce n'est pas que ça joue faux, c'est que ça ne joue presque plus. Ni l'une ni l'autre ne s'entendent plus sur les portées horaires du solfège de la programmation…

Et le CSA vient de tirer l'oreille aux grandes chaînes, du service public comme de TF1. Sur le thème: faites quelque chose, «innovez», afin que la musique se voie attribuer de vraies émissions en prime-time et non plus à des heures impossibles, trop tardives. Allusion évidente à la suppression de «Taratata» des grilles de France Télévisions, au printemps dernier.

Avertissement louable que l'on soutiendrait volontiers si le genre «variétés» ne s'était révélé obsolète depuis la segmentarisation des publics, liée à la multiplication des supports.
Il est frappant de constater à quel point les grandes soirées, ou ce qu'il en reste, s'appuient toujours sur le répertoire des générations passées, celles du temps où ces grands shows marchaient: du concert annuel des «Enfoirés» à «The Voice», en passant par le plateau de Laurent Gerra et ses vrais invités (pas seulement ceux qu’il imite) ou le pathétique «Hier encore» co-présenté par un Charles Aznavour suffisant. Même Drucker n’a pas su inventer un «Champs-Élysées» destiné aux artistes d'aujourd'hui. La mayonnaise n'a pas pris. Les «variétés» sont avariées…

Nagui l'a bien compris, qui relancera «Taratata» sur Internet le 18 octobre à 20h (Mytaratata.com), émission hebdomadaire de 26 minutes, relayée le lundi suivant par RTL2 puis RTL2.fr et TV 5 Monde. On annonce déjà Ayo, James Blunt, Thomas Fersen… Un menu pour varier un peu, justement, comme toujours avec Nagui, le seul à savoir changer de disques…

M.A.