MISE EN BOÎTE

Paris et son architecture haussmannienne, ses toits en ardoise, ses lumières la nuit. Mais Paris et ses petites places. Ses toutes petites places qui donnent l’impression que l’on passe son temps à se faxer. 

Parfois, les raisons sont seulement pratiques. C’est le cas des ascenseurs intégrés dans des montées très étroites qui, à l’origine, n’étaient pas prévues pour un tel aménagement. Pour ne pas priver les habitants de ce confort, on rabote généreusement la largeur des marches et on intègre des cages issues des esprits les plus futés mais peut-être aussi les plus utopistes. Certes, on peut faire entrer 2 personnes dans 80 cm de long et 47 cm de large. Sauf quand on ajoute les doudounes d’hiver, les sacs de courses ou tout simplement les sacs à main. De quoi revoir toutes les règles du Tetris. 

Souvent, et comme on peut s’y attendre, les raisons de ces petites places sont économiques. Question de rentabilité. Il suffit de se rendre au restaurant pour comprendre. Alors qu’un couple dîne en tête à tête sur une jolie table bistrot tellement parisienne mais déjà exiguë pour deux, on n’hésite pas à poser une planche carrée sur celle d’à côté pour dresser quatre couverts. Le doute s’installe. Mais aux forceps, ça fonctionne. Un vrai tour de magie.

Un dernier exemple ? Les parkings privés. Certains automobilistes n’essaient même pas de passer. Virages trop serrés. Sinon, on prévoit trois voitures là où normalement, deux véhicules devraient trouver leur espace. Comme un accord tacite, les conducteurs se garent alors en quinconce pour pouvoir ouvrir les portes. Les passagers, eux, attendent tranquillement la fin des manœuvres. Tandis que les poteaux sur les côtés comptent les points.

Charme ou pittoresque de la Capitale ? À voir nos amis de province ou étrangers, plutôt humour. Pour eux, tout cela ressemble à une scène de théâtre comique dont les habitants sont les comédiens. Ou les victimes ? Pour sûr, les sardines !

M.V.