ET LA RIGUEUR, BORDEL !

Nous ne sommes pas là pour donner des leçons ni corriger les devoirs. Mais il faut bien reconnaître que certaines fautes ou inexactitudes sont parfois si criantes qu'elles sautent aux oreilles ou aux yeux. À la radio, par exemple, comme dans la presse.

Sur France Info, cet été, le journaliste musical Bertrand Dicale racontait chaque jour l'histoire d'une vieille chanson d'un vieux tube. Évoquant le fameux «Oh les filles !» du groupe Au Bonheur des dames, sorti début 70, adaptation du «Sugaree» de Rusty York, il a rappelé que ce morceau américain de la fin des années 50 avait d'abord été repris en français par les Pingouins, début 60. Faux. Avant eux, les Chaussettes Noires s’en étaient emparés sous le titre «Chérie oh chérie».
Comme si ça ne suffisait pas, Dicale a tenu à préciser que sur le même disque de «Au bonheur des dames» figurait aussi une réinterprétation du célèbre «Twist à Saint-Tropez» des… Chaussettes Noires alors qu’il s’agissait des Chats Sauvages. Cela fait beaucoup en si peu de minutes et c'est insupportable même si cela paraît anecdotique. Surtout de la part d'un musicologue si sûr de lui.

Quelques semaines plus tard, dans Le Parisien, à propos de l'invasion du sexe un peu partout, dans les romans de la rentrée (voir l’Acharnœur n°1), les films grand public, les expos, etc., le critique littéraire maison a pris pour la démonstration de cette évolution, un livre publié chez Joëlle Losfeld, fille d'Éric Losfeld qui, dès l'après-guerre, libéra justement l'édition érotique de son carcan juridique et restrictif. Pas très convaincant comme choix. En cherchant un peu plus, certaines pages coquines dénichées chez Flammarion ou Lattès eurent été moins banales et moins agaçantes pour le lecteur averti.

Ce qui est embêtant, en fait, c'est que ça met le doute pour tout ce que l'on va entendre ou lire par la suite.
Sur le coup seulement, fort heureusement…

Maurice Achard