CHALEUR D’OCTOBRE

Une ballade qui frissonne à l’automne. Une chanson simple qui se fredonne et s’abandonne dans une inspiration profonde, sur une palette d’émotions tendres. Octobre, écrite en 1994, est un joyau discret dans le répertoire de Francis Cabrel, sa chanson préférée, confie-t-il. Assurément, on approuve et on applaudit. 

Dès les premiers accords grattés sur sa guitare sèche, le rythme est tonique, paisiblement balancé. «Le vent fera craquer les branches […] Y aura des feuilles partout». On se laisse emporter par cette mélodie venteuse que l’on effeuille gaiement. Pas de nostalgie, juste un peu de mélancolie dans le paysage : «Sur les tables en fer blanc/ Quelques vases vides et qui traînent». Toujours ces traînées de brume, en foulards, en écharpes, qui voilent pudiquement les amours, car ce changement de saison n’éteint pas les passions. Au contraire, il embrase le décor dans un feu d’artifice de couleurs. «On ira tout en haut des collines/ Regarder tout ce qu’octobre illumine». Magnifique vue panoramique sur des lointains vallonnés. «Il y aura quelques hommes qui se souviennent/ Et des nuages pris aux antennes»…

Octobre n’incite pas à la révolution mais à la résistance, «Pour ne pas qu’octobre nous prenne» ! Romance d’amour heureux, d’amour caché sous un soleil devenu timide «Le soleil sortira à peine/ Nos corps se cacheront sous des bouts de laine». Cette chanson garde son énigme : «Octobre restera peut-être»… 

Pour Francis Cabrel, octobre reste le symbole de l’altruisme : en octobre 1994, il a créé «les Rencontres d’Astaffort», qui organisent des stages pour les jeunes auteurs, compositeurs et interprètes, dans la commune où il est né et vit en musique.
Et pour nous, avec cette chanson, octobre reste un souffle lumineux qui maintient haut les cœurs avant les frimas de l’hiver. 

Brunot Lancelot

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