A QUELQUES MILLIARDS D’EUROS PRÈS…

Étant donné l’incompréhension générale de l'économie et compte tenu des chiffres extravagants qui nous passent au-dessus de la tête, peut-on, doit-on, s'étonner que même dans le journal de 20 heures de France 2 on confonde millions et milliards d’euros?
David Pujadas a dû, l'autre soir, présenter ses excuses pour avoir parlé, la veille, d'un chiffre d'affaires 2012 de 55 millions au lieu de 55 milliards, concernant PSA Peugeot-Citroën. Énorme, de la part d'un tel présentateur.

Mais qui, sur le moment, avait «corrigé de soi-même», selon la formule consacrée ? Exceptés sans doute les 10 % de Français calés en la matière, «initiés», genre auditeurs de BFM Business…
Ce qui est dommage, en fait, c'est que les médias n'aient pas profité de la crise, dès 2008, pour inaugurer d'autres formes de traitement de cette actualité d’ordinaire si intraduisible journalistiquement.
Une double page quotidienne, par exemple, dans la presse écrite, avec un lexique republié chaque jour et contenant les termes essentiels à connaître, comme CAC 40, inflation ou, justement… chiffre d'affaires, accompagné de deux ou trois articles pédagogiques, voire vulgarisateurs, éclairant les soubresauts en cours.

Mais l'occasion n'a pas été saisie et le train-train des papiers illisibles, ennuyeux, approximatifs continue.
Pendant ce temps, pourtant, le monde change plus vite qu'une opération sur calculette et l'économie fait la loi sur notre désarroi. Proche de la… dépression. Un mot qui pourrait figurer, lui aussi, dans le lexique…

M.A.