DÉLIRE ROOM

J’ai toujours été attiré par le bizarre.
À six ans, j’avais fait un petit musée dans ma chambre et je l’avais appelé «Baheiro», un mot complètement imaginaire. J’avais mis en scène toutes sortes d’objets égyptiens comme des petites répliques de sarcophages ou des cartes postales achetées dans les musées avec des têtes de morts. 

Mais en fait, je passais surtout mon temps à dessiner. Entre sept et dix ans, avec mes potes on crobardait des trucs violents comme des gens en chaise roulante glissant au bord d’un ravin… des idées hyper étranges pour notre âge mais qui nous faisaient bien marrer. J’étais tout le temps attiré par des univers comme la mort et le crime… Mais ne pensez pas que tout ça était glauque : j’étais et je suis toujours un garçon heureux !
Plus grand, c’était des heures à faire des compiles de musique et à bouquiner… de Mad Magazine à des fictions ou des histoires de sorcières et de diables. Je n’ai pas beaucoup changé depuis. D’ailleurs je mixe en ce moment pour une émission hebdomadaire de Red Light Radio, derrière une ancienne vitrine de prostituée. Mortel ! 

Mes parents m’emmenaient dans les musées quand j’étais petit et ça m’a beaucoup influencé. Le mouvement «Le Cavalier bleu» a été une révélation. J’aime dessiner des paysages en noir et blanc qui prennent un temps de malade et obligent à s’appliquer pour n’avoir aucune bavure sur le papier. J’apprécie la minutie de ces dessins à la plume. On peut y mettre des détails que les gens ne verront peut-être jamais. Et quand ils les voient, ils sont intrigués. 

Ma journée entière peut m’inspirer. Se réveiller, aller à la gym, au supermarché, croiser des gens qui achètent n’importe quoi, etc. Tout cela peut se retrouver dans mes dessins sous une forme ou une autre. Mon travail est vraiment un mélange de rigueur et de délire, plein d’idées qui me passent par la tête… mais qui sont parfaitement ordonnées. 

Aujourd’hui, je m’adonne au Tattoo design, aux dessins à la plume, aux couvertures d’album ou aux collages photos… J’expose également… Laisser libre court à ses délires, ça marche !

Bruno Lancelot

• Father Futurback est exposé à Paris !
Amsterdam Invasion par Sizzer
Chez Superette Production, 104, rue du Faubourg Poissonnière, Paris
Exposition jusqu’au 10 novembre, accessible du lundi au vendredi entre 14h et 18h

• Pour en savoir et voir plus : fatherfutureback.com