FAIRE LA DINDE

En avance sur les repas de Noël ? Pas du tout, il est temps de parler de la dinde qui va bientôt trôner sur les tables décorées. À tout seigneur, tout honneur ! Donc aux Américains de lancer les traditions de fin d’année avec leur incontournable Thanksgiving, qui ne se conçoit pas sans cette volaille rôtie. 

D’autant plus que c’est du continent américain que nous est parvenu cet animal volatile, rencontré lors de la découverte du Nouveau Monde par les explorateurs qui croyaient avoir atteint les Indes, d’où son nom de «poule d’Inde», dont il n’est resté que le mot dinde – alors qu’en anglais elle est appelée «turkey hen», associée à la pintade de Turquie ! Allez y comprendre quelque chose ! En France, deuxième producteur mondial de dinde, cette grosse poule exotique a depuis longtemps remplacé l’oie pour Noël.

Thanksgiving est une «Action de grâce» pratiquée depuis le XVIIème siècle par les immigrants (parmi lesquels les Pères pèlerins) arrivés d’Angleterre par le Mayflower au nord du continent américain. Une façon de remercier le ciel, Dieu, les indigènes, etc., d’avoir pu s’installer et prospérer sur cette terre – notamment en se nourrissant de ces volailles faciles à élever à la suite de bonnes récoltes. 
Le Thanksgiving Day fut proclamé par George Washington en 1789, puis institutionnalisé plus tard, par Abraham Lincoln, le quatrième jeudi du mois de novembre (mais le deuxième lundi d’octobre au Canada). Ce jour férié, les administrations et les entreprises sont fermées.

Ce rituel est respecté et donne lieu à des réunions de famille ou d’amis pour partager un repas autour de la dinde, accompagnée de confiture d’airelles ou gelée de canneberges et de citrouille (aujourd’hui de potiron). On dit que la citrouille serait le légume qui a permis aux pèlerins de survivre le premier hiver qui fut excessivement rigoureux. 
Il faut reconnaître par ailleurs que la dinde, dont la chair ferme est savoureuse, est propice à être farcie d’ingrédients très variés : marrons, champignons, baies… Alors, serait-ce pour remplir un grand vide intérieur que l’on associe une femme stupide à une «petite dinde», tandis qu’un homme, bien sûr, restera fier comme un dindon !

Elido