PIQUE ET PIQUE ET…

Ce sont des termes que l'on n’aime pas entendre, en général. Perfusion, prise de sang.
Pourtant, a priori, ils ne nous veulent que du bien, même si ça fait un peu mal quand l’aiguille pénètre la peau.
A priori ?

Prenons la perf. Celle qui est chargée d'alimenter notamment le malade grave ou en fin de vie. Un récent colloque, qui s'est tenu à Beaune en Bourgogne, a délivré une sorte d'ordonnance qui préconise son remplacement, pour les soins palliatifs, par un vrai repas, constitué des plats et du vin préférés du patient. À dose délicate redonnant du plaisir à celle ou celui qui n'en espérait plus. L’envie encore en vie… Ils étaient tous d'accord, à Beaune. Médecin, infirmier, psychologue, directeur de maison de retraite, etc.
En revanche, la prise de sang n'en finit pas d’être irremplaçable. Elle va même servir de support à une invention capitale dont l'auteur, le professeur Yvon Cayre, a révélé le principe il y a trois semaines environ : un tube qui permet d'isoler les cellules cancérigènes, de pouvoir suivre leur évolution et de personnaliser le traitement, quand certaines dépendent d'anomalies génétiques. Une découverte formidable, ne serait-ce que parce qu’elle va se substituer à la biopsie, si éprouvante, si angoissante. Là, la vérification du soupçon prendra moins de temps. Ce tube pourrait être commercialisé dans les six mois.

Comme quoi la vie n'est pas simple pour le progrès médical. Il doit connaître ses limites, savoir s'arrêter, pour céder la place à l'humain. Et continuer à chercher, à se dépasser, dans le même souci.
D’ailleurs, il devrait en être de même pour le progrès en soi. S’arrêter, par exemple, de tout numériser quand les relations entre les êtres en sont altérées. Mais continuer d’exploiter les bienfaits d’Internet, quand la toile ouvre un peu plus les portes de la connaissance.

Maurice Achard