SWEET HOME CINEMA

Adolescent, on a tous des posters sur les murs de sa chambre. Moi, c’était une invasion de cartes postales, de photos et d’affichettes sur un espace parfaitement délimité : du plafond à la hauteur et la largeur de mon lit superposé. Avec pour seul thème, le cinéma ! Il s’était infiltré dans mon cœur et mes veines sans que je m’en aperçoive. Certainement un héritage culturel de mes parents qui nous emmenaient souvent voir de vieux films ou avec qui nous partagions de bons moments devant «La dernière séance» avec Eddy Mitchell comme présentateur. En cachette, il y avait aussi «Le cinéma de minuit» qui passait très tard le dimanche sur FR3 mais que je pouvais voir depuis mon lit grâce à un axe parfait entre la porte ouverte de ma chambre et la télé dans le salon !

J’étais subjuguée par les histoires et les univers dans lesquels chaque film pouvait nous plonger. Je vivais les intrigues, les recréais dans ma tête. Alors, il y a eu ce Noël où mes parents m’ont offert des affichettes plastifiées de «Autant en emporte le vent» ou «West Side Story». C’est comme ça que je me suis mise à collectionner tous les tirages qui me permettaient de revoir les personnages, les scènes… À l’époque, les salles de cinéma exposaient en vitrine des photos des films proposés pour séduire les spectateurs. Je connaissais des magasins qui vendaient ces «jeux d’exploitation» après coup. J’y allais souvent !

Très vite, mon mur est devenu mon écran… Tout en haut, les formats A3. Près de mon oreiller, mes préférés. Longtemps, cette place a été occupée par la Guerre des Etoiles, de «l’Empire contre attaque» au «Retour du Jedi». À côté, il y avait aussi bien Kubrick avec «Orange mécanique» que les chefs-d’œuvre de Sergio Leone, «Le Parrain» de Coppola, «Motorcycle Boy» ou «Outsiders»… Je changeais les photos en fonction de mes derniers visionnages ou coups de cœur et m’y adossais pour lire mes magazines «Première» ou «Ecran Fantastique». C’était mon échappatoire, ma réserve d’émotions.

Aujourd’hui, je ne suis pas actrice. Mais je participe chaque jour à l’immense rêve qu’offre le cinéma : je suis directrice «business & legal» d’une grande société de production de films !

B.A. d'après un entretien avec Elise B.