GUERRES OU PAIX ?

C'est reparti comme en 14.
Même si cette expression est employée pour exprimer un état d'esprit peu enclin à reprendre le chemin du travail, de l'école ou de tout autre rendez-vous peu réjouissant, la «comparaison» avec le départ vers le front en 1914 est sacrément culottée.
D'autant plus que cette guerre ne s'est pas déroulée comme prévu. Beaucoup plus longue, plus dure, plus terrible, cauchemardesque, inimaginable.

C'est pourtant bien le centenaire de sa déclaration que l'on va célébrer tout au long des six premiers mois de cette nouvelle année. Jusqu'au 14 juillet en guise de bouquet final. Et non le centenaire de l'armistice du 11 novembre 1918. Étrange, non ? C’eût été moins paradoxal, plus logique, plus joyeux, sans oublier pour autant d'en raconter les quatre horribles années.
Heureusement, si l'on peut dire, un autre anniversaire militaire est attendu, dans la foulée, cet été : le 70ème de la Libération de Paris en août 44, avec De Gaulle et son fameux discours. Sauf que, là aussi, quelque chose cloche. La libération de Paris, ce n'est pas encore la libération de tout le pays, ce n'est pas encore la victoire finale. Les camps nazis tournent encore à plein régime.

Bien sûr, le récurrent «devoir de mémoire» ne saurait être ici remis en question. Seule la précipitation à choisir certaines dates plutôt que d'autres donne l'impression qu'il s'agit d'occuper le terrain médiatique afin de ne pas laisser la place à un présent si incertain.
Et c'est de bonne guerre, après tout…

Maurice Achard