LA TÉLÉ-CONSÉCRATION

C’est bien connu et nous l’avons déjà dit ici : le  journalisme mène à tout à condition d'en sortir.
Mais la télévision aussi ! 
Pour preuve : les nominations respectives et prestigieuses qui viennent, à quelques jours d’intervalle, de propulser Bernard Pivot et Pierre Lescure à la tête de compétitions culturelles historiques. La présidence de l'Académie Goncourt à Pivot et celle du festival de Cannes, à partir de l'an prochain, pour Lescure.

On s'en réjouit, pour la littérature comme pour le cinéma. Ces choix respirent la légitimité, le mérite. C’est bien.
Pivot. «Apostrophes». Cinq ou six auteurs sur le plateau autour d'un même thème. Et cet animateur génial qui pose telle ou telle question au moment même où le téléspectateur était en train de se la poser. Bernard Pivot était toujours de ce côté-là, du téléspectateur, comme assis sur son canapé.  Aujourd'hui, avec sa double voix de président, on ne peut que lui faire confiance pour mieux appuyer encore son souci du public.
Lescure a débuté à 20 ans. Très vite partisan d’un concept «music and news», il fut à la fois l'inventeur des «Enfants du rock» puis le directeur de l'information d'Antenne 2 avant de devenir le concepteur de Canal+ (avec sa multidiffusion des films…) et, plus tard, de prendre les commandes du Théâtre Marigny. Éclectisme épatant, sur lequel on pourra compter sur la Croisette également, dès que Pierre Lescure y sera.

Voilà donc deux bonnes nouvelles. Que l'on doit à la télé. A condition d’en sortir…

M.A.