MICRO DORTOIR

Un beau jour la naissance de Fun Radio, la libre antenne. Mon adolescence en plein milieu. Le casque vissé sur les oreilles toutes les nuits, en cachette, les piles à remplacer chaque semaine.

Des émissions participatives, vivantes comme les discussions entre copains. De la musique, mais surtout des témoignages, des conseils, des canulars. Du rire. Rire doucement, car j’écoute en cachette. Chaque nuit, entre 22h et 3h du matin, cette sensation d'ouvrir une fenêtre sur le monde extérieur depuis le fond de son lit, alors que tout le monde dort, se sentir seul au monde dans son cocon, voir les heures défiler. Ça me faisait rêver avant de m’endormir, comme la plupart des ados à l'époque. Je n'avais que treize ans quand j'ai commencé, mais déjà j'aimais l'atmosphère particulière de la nuit, j'en étais dépendant. Car tout est perçu différemment. La voix de cet animateur qui nous parle, qui me parle à moi, à quoi ressemble-t-il? Où se trouve-t-il? Et son équipe? A quoi ressemblent les studios? Il ne reste plus qu'à imaginer, fantasmer les coulisses de la radio. Pour moi c'était Max et son émission Star System. A force de l'écouter tous les soirs, sa voix était devenue familière, j'écoutais ses conseils, et son expérience me servait d'apprentissage. J'avais le sentiment de le connaître, un peu comme un grand frère, toujours là, toujours à la même heure. Les walkmans se succédaient. Jusqu'à mes dix-huit ans je ne m'en suis jamais lassé.

Puis avec l'arrivée des nouvelles technologies, je suis passé à autre chose, le cinéma principalement. Mais la passion de la musique ne m'a jamais quitté. A 23 ans, en 2003, j'ai envoyé une maquette d'essai à une radio lyonnaise, qui m'a embauché. Depuis, je suis animateur radio sur NRJ, et également DJ le week-end. Quand certains se réjouissent de passer derrière la caméra, je suis passé avec émotion derrière le micro. Et je reconnais la lueur dans les yeux des jeunes qui viennent visiter les locaux lors de leurs stages. «Alors c'est de là que ça se passe…!»

Chloé Danglard d'après un entretien avec Sébastien Boyer

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