DANGEUREUSE ÉGALITÉ

C’est quoi cette histoire de parler d’égalité à tout bout de champ ? Ne serait-on pas en train de devenir fous ?

C’est certain, l’égalité est un droit. De ces droits qui fondent des «règles régissant les rapports des hommes en société et impliquant une répartition équitable des biens, des prérogatives et des libertés». À compétences identiques, un black, un blanc ou un beur doivent avoir exactement les mêmes chances d’obtenir un poste, c’est une évidence. À responsabilités et charge de travail similaires, un homme et une femme doivent recevoir exactement le même salaire, c’est incontestable. Et, que l’on soit homosexuel ou hétérosexuel, on doit pouvoir se sentir protégé de la même manière, qu’il s’agisse de propriété ou de santé. Bien sûr ! 

Là où le sujet commence à déraper, c’est lorsque que l’on considère que les seules alternatives à «égalité» sont «supériorité» ou «infériorité». S’il n’y a pas «égalité», il y a forcément déséquilibre et injustice. 
Mais ne pas être égaux, cela peut aussi signifier être différents. C’est beau d’être différent. C’est ce qui nous permet de nous distinguer les uns des autres. Les différences forment la richesse. Pourquoi vouloir toujours tout mettre au même niveau, avec le danger de tout uniformiser, banaliser et aseptiser, de ne plus pouvoir se comparer et affirmer son caractère, ses envies, ses ambitions ? Par peur d’être victime de stéréotypes, on voudrait tout rendre anonyme, pire faire fi des évidences les plus primitives ! Comme entre l’homme et la femme. Mais c’est un fait : à même taille, corpulence et rythme de vie, l’homme est anatomiquement plus fort que la femme, le corps de la femme statistiquement plus souple. Sans parler des seins, de l’utérus, du pubis ou du pénis. Peut-on réellement mettre un mouchoir sur les diversités physiques ou génétiques ? Doit-on tout amalgamer ?

Sinon, très bien, continuons à  récupérer cette notion d’égalité pour exprimer toutes sortes de revendications, pour ne pas dire frustrations. Ce qui est certainement le vrai fond du problème. Sauf que cela attire le regard sur des diversités qui pourraient apparaître, d’un seul coup, anormales. Pitié, depuis que je vis très bien avec 1,55m, ne me dites pas que je devrais essayer le basket !

Virginie Achard