SANS PLACE FIXE

C’est un jour où je m’ennuyais que tout a démarré ! Pour passer le temps, je re-disposais sur la commode de ma chambre les surprises Kinder que je gardais sans aucune raison valable… Un geste maladroit et l’une d’entre elles a glissé dans le petit espace qui séparait le meuble du mur. Et me voilà à déplacer la commode pour la récupérer. 
D’un seul coup, la commode de travers me donnait l’impression que l’espace de ma chambre prenait une autre dimension. Comme une petite séparation qui, si on glissait des coussins derrière, pourrait faire un coin privé, où je pourrais lire ou écrire mon journal intime. Et si, en bougeant le lit, dans l’autre sens, ça donnait l’impression que la chambre était plus grande? Le résultat n’était pas du tout convaincant mais c’était juste que j’avais l’impression de découvrir une nouvelle pièce !

Je crois que l’aménagement de ma chambre a changé au moins six fois par la suite. Et à chaque nouvelle inspiration, je fêtais cela en achetant des petits objets pour décorer le tout. Rien de révolutionnaire, il n’était pas question de dépenser tout mon argent de poche là-dedans, mais un petit coussin (je me souviens d’un rose dont j’étais très fière !), un bibelot un peu kitsch (sauf à mes yeux) que j’avais déniché dans un «tout à 10 francs»… Une fois, j’avais réussi à négocier une housse de couette avec ma mère…

Aujourd’hui, je vis dans une maison sans prétention avec mon chéri et mes deux enfants. Ils se moquent souvent de moi en me disant «alors, on fête le nouveau salon ce soir ?». Oui, ça me prend sans prévenir de tout «repenser» ! Souvent je repeins des meubles pour que ça fasse encore plus de différence… Redécorer en recyclant : la tendance «home staging» n’a plus de secret pour moi ! Ce que je fais dans la vie ? Je cherche un travail. Mes proches me poussent à faire une formation de décoratrice…  Peut-être que je devrais oser franchir ce pas ?

Bianca Alberti d'après un entretien avec Catherine L.