LIBERTÉ, PARITÉ, QUOTAS.

Deux femmes, deux hommes : la parité fait son entrée au Panthéon. Quatre résistants, au mérite, au courage, reconnus de façon équivalente, par-delà leur différence de sexe. Parité à la vie, à la mort.

Mais, au fronton de cet immense tombeau, que va signifier désormais le fameux «aux grands hommes, la patrie reconnaissante» ?
La même chose, pour l’instant. Parce que le mot homme englobe l'être humain sans distinction de quoi que ce soit. Le Petit Robert est formel, là-dessus. Comme quoi il faut toujours revenir aux origines, à la source. L'homme, l'humain, l'humanité…
Il en va de même, d’ailleurs, pour le mot individu qui veut dire une personne en général, sans exclusion de personne, justement. Le dico le confirme également, même si, dans ce cas, entre la théorie et la pratique, il y a un petit problème dû à l'usage. On imagine mal lire : «une femme a été décorée, hier… Cet individu…» Quelque chose cloche, ne sonne pas bien.
Cela nous pousse évidemment à nous interroger sur la façon dont la parité sera, un jour ou l'autre, appliquée à la grammaire. Pour l'instant, et depuis des lustres, on le sait, le masculin l'emporte sur le féminin en cas de pluriel. Extraordinaire illustration de cette primauté ancestrale d'un sexe sur l'autre (bien qu’elle ne cesse de battre de l'aile depuis une cinquantaine d'années).

Alors ?
Les conséquences des parités et autres quotas ne sont pas toujours entièrement anticipées. Actuellement, le Conseil supérieur de l’audiovisuel s'interroge sur la nécessité de revoir le pourcentage de chansons françaises imposé aux programmateurs (40 %). En effet, de plus en plus d'artistes français s’expriment en anglais, ce qui brouille les ondes, les comptes…
Casse-tête moins complexe que notre masculin féminin, certes…
Heureusement, le terme parité est féminin. Ce qui pèse tout de même dans la balance.

Maurice Achard