LES RECETTES DE BONNE FEMME

Allons-y, parlons des bonnes femmes et de leurs «fameuses» recettes ! C’est le cas de le dire puisque, selon certains, cette qualification serait dérivée du latin «bona fama», signifiant bonne renommée ou bonne réputation. Ainsi, les recettes de bonne femme seraient des recettes simples mais efficaces, des recettes de la vie quotidienne, validées de génération en génération. Car cette idée de transmission, on la retrouve dans une formulation équivalente, celle des «recettes de grand-mère» – sous-entendu des femmes qui ont vécu et ne manquent pas d’expérience. 
À l’origine «bonne femme» était le versant féminin de «bonhomme», homme plein de bonté, de simplicité, qui a dérivé en homme simple, voire simplet… Termes familiers qui expriment de la tendresse ou, au contraire, du mépris. Quant à «ton bonhomme» ou «ta bonne femme», ce sont tout simplement vos conjoints, mari ou femme… 

Pour les Anglos-Saxons, l’appellation «bonne femme» qualifie une cuisine française, avec des produits naturels mijotés à la maison. En cherchant bien dans les recettes, on trouve une «sauce bonne femme», délicate et délicieuse, à base de beurre fondu auquel on ajoute un peu de vin blanc… et aussi le «lapin bonne femme», de même que le poulet, toujours dans une cuisson agrémentée de vin blanc. 

En fait, il existe peu de recettes de bonne femme par rapport à celles de «grand-mère» ! Ce sont surtout des «remèdes» de bonne femme que l’on se transmet. Comme le dit le dictionnaire Larousse, «remède populaire, ordonné et administré par des personnes étrangères à l’art de guérir», donc à l’art des médecins. Néanmoins ces remèdes sont naturels, avec moins de risques nocifs que certaines créations pharmaceutiques – en tout cas on en connaît les effets secondaires. Jadis, l’alchimiste médecin Paracelse se serait inspiré des pratiques utilisées traditionnellement par les femmes. Méfiance. Le Dictionnaire raisonné universel d’histoire naturelle, datant de 1768, mentionne «le bouillon de taupe est un remède de bonne femme pour guérir les enfants de l’incommodité de pisser au lit».

Et puis, pour finir, ces messieurs ne manqueront pas de sourire à cette pique misogyne de Jules Renard : «Il n’y a malheureusement pas de remède de bonne femme contre les mauvaises.»

Elido