TIM FOR EVER

J’ai rencontré Tim Burton à l’âge de huit ans. Enfin, j’ai rencontré "Beetlejuice". Grâce à une cassette vidéo laissée par mon oncle que j’ai regardée en cachette car j’étais trop jeune. Mes parents n’auraient jamais laissé faire s’ils l’avaient su. Premier plaisir ! Le second a été plus fort. Pour la première fois, un personnage effrayant faisait rire. Pour la première fois, la mort était un sujet drôle. Et non plus un drôle de sujet que les adultes abordaient avec embarras. Les monstres du placard devenaient sympathiques. Une peur et un mystère devenaient moins obscurs. 

J’ai dû revoir cette cassette deux ou trois fois jusqu’au jour où mon père s’en est servi pour enregistrer une course de Formule 1. Terrible. Il faudra que le film soit diffusé à la télé pour que je le retrouve. En attendant, l’imaginaire prend le dessus. Sans les images sous les yeux, je les revis dans ma tête. Je m’intéresse également au réalisateur. Et s’il avait créé d’autres histoires tout aussi terrifiantes et amusantes ? 

Tim Burton devient donc mon ami. Je l’attends avec impatience. À chaque film, je découvre un univers fantastique avant d’être macabre. Car avec Tim Burton, on rencontre beaucoup de personnages étranges : un squelette épouvantail, un homme avec des ciseaux à la place des mains, un barbier meurtrier, une mariée morte… Mais rien n’est lugubre. Au contraire. C’est poétique avant tout. Et ça m’apaise. J’aime Tim le cinéaste comme Burton le dessinateur. Ses traits de crayon sont aussi simples qu’ils sont majestueux. Je tombe même sous le charme de certains héros sans savoir qu’il est en l’auteur comme avec Vincent Price. C’est une révélation : les contes de Tim Burton sont ma religion, ma croyance. La vision que j’adopte pour le monde de l’au-delà. Et j’en porte l’uniforme : depuis mes seize ans, je collectionne les tee-shirt rayés blancs et noirs. Certainement pour le côté clownesque que peuvent avoir les rayures. On peut bien rire un peu avant la mort !

M.V. D'après le témoignage de Justine L.