CALENDRIER DE "L'AVANT"

Noël, c’est avant ou après la Toussaint ? La confusion était à l’ordre du jour cette année. Nous n’avions pas célébré nos morts que le Père Noël envahissait déjà la radio dans plusieurs spots ou sur les affiches des magasins. Soyons clairs : cela fait des années que cette fête est exploitée bien avant l’heure et transformée en superbe célébration commerciale. Mais il était comme tacitement convenu que rien ne commencerait avant le 1er novembre. Le contrat a été rompu et, cette fois, de façon indéniable. Besoin de contrecarrer la concurrence en lançant ses offres avant tout le monde ? Peur que la crise agisse encore plus fort et gâche cette période clé pour les ventes ? 

Bien évidemment, profiter de cette ambiance de fêtes est agréable. Elle aurait même tendance à nous porter dans la dernière ligne droite de l’année civile. Mais nous n’étions pas encore dedans. Nous étions dans cette transition entre la rentrée et le premier long week-end d’automne, nous en étions à nous adapter à cette nuit qui tombe plus vite, à ces chaudières qui se rallument. Ces communications viennent perturber notre calendrier et notre ordre de pensée. Elles rendent le temps encore plus court, plus irréel. Sans scrupule, elles nous obligent à nous projeter dans les achats de cadeaux avant de nous faire penser «famille», «sapin» ou «décoration». Aucune satisfaction. Les enfants, quant à eux, n’ont pas corné les pages des catalogues que leur bonhomme chéri s’adresse déjà aux adultes en leur suggérant des cadeaux qui ne sont pas pour les petits. Bref, les illuminations n’ont pas eu le temps d’éclairer nos rues que les dernières étincelles de magie se sont éteintes. Lamentable.

Alors quoi ? Ce ne sont évidemment pas ces quelques lignes qui arriveront à convaincre les industriels de revoir leur plan d’attaque. Maintenant, s’ils pensent qu’un jour, nous commencerons à acheter les cadeaux en même temps que le retour des vacances d’été et les impôts, ce n’est plus qu’ils croient au Père Noël mais plutôt à Mère Miracle. Bonne chance.

Bianca Alberti