AMÉRIQUE, AMÉRIQUES

À chacun ses Américains. 

Pour Philippe Labro il y en a 50. Pour Philippe Séclier il n'y en a qu'un.

«Mon Amérique» de Labro, journaliste-cinéaste-écrivain, est une longue galerie de portraits au fil de laquelle on retrouve d'incontournables icônes. De Fred Astaire à Orson Welles en passant par Humphrey Bogart, Marilyn, Hemingway, John Kennedy, Edward Hopper, Elvis, Ralph Lauren… Magnifique album. Sorte de livre d'or dans lequel l'auteur écrirait un mot gentil à ses cousins d’Outre-Atlantique. 

«Un voyage américain» de Séclier, journaliste-photographe, est une longue route de 20 000 km sur les traces d'un seul homme, Robert Frank, 88 ans. Ou plutôt de son mythique livre de photos «Les Américains» publié en 1958. Américains anonymes, cette fois, à l'époque de la ségrégation raciale. Le DVD est accompagné d'un livret sur les coulisses de ce film documentaire, entrepris sans moyens mais réalisé avec talent. Et d'une carte des États-Unis…
Parce que c'est la route qui est la vraie héroïne de l'épopée de Séclier. Dans l'esprit de la Beat generation. Celle que l'on prend pour aller voir ailleurs si on y est. Ou pour fuir. Comme dans les road movies qui sont autant d'errances du rêve américain.
Et l’on pense bien sûr à l’écrivain culte Jack Kerouac - «On the road». Curieusement, il ne figure pas au menu du Labro.

À chacun son Amérique.

Maurice Achard